Pep Guardiola explique la dynamique actuelle de Manchester City

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Pep, merci beaucoup de nous accorder votre temps. Le 21 Novembre, votre équipe perd 2-0 à Tottenham, vous laissant à 8 points d’eux. Depuis la série est incroyable, qu’est-ce qui a changé ?

« A ce moment-là, nous avons réalisé que nous n’étions pas bons, que nous devions ajuster des choses. Après le 1-1 contre West Brom, que nous aurions pu gagner, je me suis dit que je n’aimais pas l’équipe, notre jeu, peu importe le résultat. Je ne reconnaissais pas mon équipe, alors nous sommes revenus à nos principes : les ailiers haut et dans la largeur, le jeu dans l’axe, le replacement défensif, plus de calme et de patience avec la balle… Nous avons réfléchi aux manques plutôt qu’aux résultats. La confiance revient avec les victoires. Nous courrions trop, nous n’étions pas en place, il y avait trop de permutations, nous ne savions pas quoi faire avec la balle. Nous attaquions trop vite, il faut savoir prendre son temps. En jouant tout le temps avec un rythme élevé on ne peut plus surprendre son adversaire. Avant, notamment avec David Silva, notre jeu était plus posé, mais avec des changements de rythme dans les 30 derniers mètres. »

Est-ce une des raisons pour lesquelles [JoãoCancelo joue plus au milieu, alors qu’il est latéral ? Est-ce la même chose avec [JoshuaKimmich du Bayern ?

« Oui, mais avec Fabian Delph nous l’avions aussi fait, avec [OleksandrZinchenko aussi. Cela surprend l’adversaire. João en est capable, il a la qualité pour, comme Fabian Delph. Cela dépend de l’adversaire. »

Est-ce que la défense est le secteur de jeu dont vous êtes le plus satisfait ?

« Absolument ! Vous savez à quel point il est important d’être solide, cela donne confiance au reste de l’équipe. C’est la différence par rapport à la saison dernière, sinon nous n’avons pas changé. Nous ne commettons plus d’erreurs. Les adversaires sont forts et peuvent marquer, cela arrive et c’est normal; mais avant nous offrions des buts. C’est le grand progrès réalisé par Ruben [Dias], Ayme [Aymeric Laporte] et particulièrement John [Stones]. Tout le monde fait mieux. »

A quel point êtes-vous satisfait de votre charnière ? Quelle(s) qualité(s) Ruben a-t-il apporté ?

« C’est un meneur. Il prend les bonnes décisions, mais aide aussi les autres. Il se préoccupe aussi des latéraux et des milieux défensifs. Il communique en permanence. Il rend ses coéquipiers meilleurs. »

Vous êtes ici depuis longtemps maintenant, c’est en fait votre plus long contrat en tant que manager. Quelles ont été les différences entre vos précédents clubs et celui-ci ?

« J’étais très heureux chez moi à Barcelone, à Munich aussi. Je suis privilégié d’avoir vécu ça, mais je me sens très bien ici (rires), même la saison dernière alors que nous n’avons pas gagné [la Premier League]. J’ai des amis, les fans m’apprécient, l’équipe me suit et j’adore travailler avec eux. J’ai des conditions de travail incroyables. Je déteste Novembre Décembre et Janvier en Angleterre parce que je préfèrerais un meilleur temps (rires)… Mais j’ai tout, c’est pour ça que j’ai prolongé. Je ne dis pas qu’à Munich ou à Barcelone ce n’était pas bien, mais mon rêve était ici. Pouvoir travailler dans le pays de Shakespeare, des Beatles, d’Oasis… ce n’est pas que pour le football, ce pays est spécial. »

Vos rapports avec la direction sont-ils différents ?

« Oui, si nous perdons nous ne sommes pas jugés, nous cherchons des solutions et prenons les bonnes décisions ensemble. Les journalistes et les joueurs le savent. Le manager est le maillon faible, si je sais que je suis protégé je peux prendre les bonnes décisions librement. »

Quels sont vos objectifs après votre prolongation ?

« Si nous n’allons pas plus loin en Ligue des Champions, il y aura une sensation d’inachevé. Je le sais et je l’accepte. Mais j’avais aussi la sensation que nous pouvions mieux jouer, et maintenir notre dynamique. Nous n’étions pas mauvais la saison dernière, mais [Liverpool] a été incroyable et a gagné avec 99 points. »

Comment expliquez-vous que vos équipes n’aient pas réussi en Ligue des Champions ?

« Parce que la moindre erreur est fatale. C’est totalement différent. Mais aussi parce que les adversaires sont très forts. Ce sont des équipes exceptionnelles. »

Vous donnez l’impression de vivre le football 24h/24, est-ce vrai ?

« Je dirais que j’ai peur de perdre, mais j’espère que dans quelques années, quand j’aurai l’expérience de Carlo [Ancelotti] ou de [Roy Hodgson] je pourrai me contrôler. Je ne suis pas fier [de mon côté sanguin], mais j’étais pareil en tant que joueur, c’est ma personnalité. Je me suis excusé plusieurs fois auprès de mes joueurs, mais l’être humain a tendance à se relâcher, ce n’est pas le cas avec moi. Ils doivent toujours mieux faire. J’aime ce sport, je suis perfectionniste et je veux résoudre le problème immédiatement. »

Je pensais que Phil Foden n’aurais pas assez de temps de jeu et qu’il devait être prêté, pensez-vous avoir pris la bonne décision en le conservant ?

« Nous pensons qu’il a tout pour jouer avec nous, même s’il n’a que 20 ans. Ce n’est pas une question d’âge, mais de talent. Je pense qu’il a la passion pour bénéficier d’opportunités, et il doit continuer. C’est un bon joueur, mais il doit toujours travailler d’autres rythmes de jeu. A ce moment-là il deviendra un joueur exceptionnel. Un ailier doit être explosif, alors qu’un milieu doit être plus calme. Mais c’est peut-être parce qu’il n’a encore que 20 ans, il a une énergie incroyable. Il progressera avec le temps et les matchs. »

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